10/02/2011

une sanction pour Sarkozy

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D'après les sondages, 60% des Français approuveraient le mouvement des magistrats. Nicolas Sarkozy aurait-il parlé trop vite?


La ficelle est connue: un crime horrible surgit, c'est donc la faute des juges. La jeune Laetitia est assassinée et l'affaire du Pornic permet la même démonstration: "Quand on laisse sortir un individu comme le présumé coupable sans s'assurer qu'il sera suivi par un conseiller d'insertion, c'est une faute. Ceux qui ont couvert ou laissé faire cette faute seront sanctionnés. C'est la règle". Tels sont les propos de Nicolas Sarkozy qui ont mis en mouvement la presque totalité des tribunaux français.

Le suspect, dans l'affaire Laetitia, était effectivement sous le coup d'un sursis avec mise à l'épreuve, pour outrages à magistrat, et effectivement son dossier n'avait pas été jugé prioritaire au tribunal de Nantes parce que, justement, il n'y a pas assez de personnel pour suivre les gens en sursis avec mise à l'épreuve.

Cette façon de procéder, qui n'a rien d'exceptionnelle, avait été signalée très précisément par la hiérarchie judiciaire. Le ministère était au courant. Ceux qui ont couvert ou laissé faire cette faute seront donc, au sommet de l'Etat, sanctionnés. On n'en doute pas un seul instant.

Didier Specq

Commentaires

Cher Didier Specq, si je peux me permettre un peu de publicité pour le blog de Maître Mo. Le billet publié à propos de l'affaire de Pornic est un peu plus long que le vôtre et très éclairant sur le dernier point que vous soulevez : le manque de CIP pour assurer les suivis socio-judiciaires a été pleinement assumé par MAM, alors ministre de la Justice, avant le drame. Décidément, elle a pas de bol en ce moment, MAM...

http://maitremo.fr/2011/02/06/e-themidos-menis-le-retour/

Même si, comme je viens de le développer sous un autre de vos billets, je pense que cela n'aurait rien changé. Il y a toujours eu des crimes, il y en aura toujours. Même si on colle 65 millions de flics ou de CIP derrière le dos de 65 millions de Français, les flics ou les CIP étant eux-mêmes susceptibles d'être pris d'une pulsion meurtrière.

Écrit par : Darth Vader | 10/02/2011

Effectivement, les "suivis" sont beaucoup plus légers qu'on le croit. Un bracelet électronique, par exemple, sonne quand, par exemple, la personne surveillée n'est pas rentrée chez elle, près de sa ligne téléphonique, à 19 h.

Bien sûr, dans la journée, elle peut avoir fait n'importe quoi et, quand l'alarme sonne à 19 h, il ne faut pas croire que toutes les forces vont retourner illico la ville ou la région où habite le disparu. On imagine aussi que la police a bien d'autres priorités.

Même chose pour les sursis avec mise à l'épreuve où il s'agit d'au maximum de quelques rendez-vous en deux ou trois mois.

A tout cela, une raison simple: des suivis plus stricts sont bien plus coûteux.

Didier Specq

Écrit par : didier specq | 10/02/2011

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