18/04/2011

Drôle de week-end...

images.jpegL'arrivée des avocats (lors des auditions en garde à vue) constitue indéniablement une révolution. Elle s'est d'ailleurs déroulée sans heurts dans les commissariats. Mais les problèmes sont sans doute devant.


Le film "garde à vue" est décidément une mine de réflexion. On sait que, ce dernier week-end, le huis-clos total entre le policier et le suspect a reçu un coup sans doute définitif. Reste une question essentielle: quand des accusations graves tombent sur ce qu'il est convenu d'appeler un Français moyen (comme dans le film), ce suspect va-t-il bénéficier d'une défense efficace? La réponse est plutôt "non".

En effet, pour les gardés les plus désargentés, l'ordre des avocats local va s'efforcer d'organiser au mieux l'aide légale versée par l'Etat pour défendre les pauvres. La petite délinquance de rue va donc bénéficier des services d'un avocat qui regardera les procès-verbaux au dossier, assistera aux auditions, bref sera capable de conseiller utilement son "client".

Même chose pour la délinquance prospère (délits liés aux stupéfiants, aux blanchiments, à la finance, etc) qui sera capable de mobiliser immédiatement les services d'un cabinet d'avocats (et les quelques milliers d'euros assortis).

En revanche, le Français moyen inexpérimenté, le smicard, l'instituteur, l'employé de banque, le caissier de supermarché seront au dessus des barèmes leur ouvrant le droit de bénéficier de l'aide légale. D'autant que ces suspects ne peuvent cacher la réalité de leurs revenus.

Inexpérimentés, ils ne sauront pas non plus à qui s'adresser et la famille risque de contacter l'avocat qui a bouclé le divorce de proches. Cet avocat n'est pas obligatoirement un aigle de la procédure pénale. Ne disposant pas non plus immédiatement de grosses sommes mobilisables, ces suspects risquent également de ne pas être défendus tout de suite. Et pendant ce temps, la garde à vue, pour ces justiciables très moyens, s'écoulera comme au bon vieux temps...

Didier Specq

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