30/04/2011

lundi, c'est "patrouilleurs"

index.jpegNice, Strasbourg, Mantes-la-Jolie, Poitiers... Ce sont quelques unes des villes qui, dès lundi 2 mai, vont se retrouver avec des "patrouilleurs" dans leurs rues. Les "patrouilleurs"? Aussitôt concoctés par Claude Guéant, aussitôt mis en oeuvre. Bien entendu, il ne s'agit par d'un retour à la police de proximité...


La police reste un champ de bataille idéologique. Premier acte: la "police de proximité" qui serait une sorte de police de gauche mise en place par Lionel Jospin. Bien qu'imaginée en 1995 par Jean-Louis Debré, alors ministre de l'intérieur, elle est instaurée par le nouveau ministre de l'intérieur Jean-Pierre Chevènement en 1998.

La police de proximité? La gauche, comme d'habitude peu à l'aise sur la délinquance, en parle un peu trop sous l'aspect idéologique qui lui plaît: les policiers seraient de gentils travailleurs sociaux, implantés dans le quartier, en osmose avec la population, chéris à la fois par la vieille dame qui a peur des agressions et les jeunes gens un peu agités mais si gentils au fond. Bref, on parle répression sans trop parler de répression.

En novembre 2003, à Toulouse, Nicolas Sarkozy sonne la fin de la police de proximité: "Vous n'êtes pas là pour organiser des tournois sportifs mais pour arrêter des délinquants, vous n'êtes pas des travailleurs sociaux". Exit la police de proximité. L'évaluation réelle des résultats passe à la trappe.

Le problème, c'est que les électeurs adorent voir des policiers en uniforme, ça les rassure. Une brigade anti-criminalité qui patrouille inlassablement la nuit dans une voiture banalisée, c'est moins porteur. Même si c'est plus efficace.

Retour donc de la police de proximité qui, attention, n'est pas une police de proximité. D'abord, en 2008, on recrée les "unités territoriales de quartier", les UTEQ. Visiblement, on s'est cassé la tête pour ne pas employer le terme "proximité".

Le ministre de l'intérieur Claude Guéant vient d'ajouter une nouvelle couche au dispositif policier en inventant les "patrouilleurs". Attention, là non plus, ce n'est pas une police de proximité, selon le ministère, puisque le patrouilleur, sur son vélo, va dans tous les quartiers selon l'évolution de la délinquance. Ce que, sans doute, les policiers ne faisaient pas avant.

Visiblement, à droite comme à gauche, il est difficile de reconnaître que la police c'est aussi un peu de tout: rassurer les populations et conforter les victimes, identifier les délinquants et les interpeller avec une procédure qui tienne la route, faire du renseignement, s'adapter aux bassins de délinquance qui peuvent changer, opérer en flagrant-délit et mais aussi se consacrer à de longues enquêtes, s'attaquer au grand banditisme, etc... Et, là, pas de recette miracle.

Didier Specq

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