09/08/2011

Les aventures de Christine Lagarde

Christine-Lagarde-Mes-fils-n-ont-pas-vote_mode_une.jpgTout va bien. Sauf que la justice française s'active... Après DSK, rebelote?


Après les aventures de DSK à New-York, suivies de sa démission forcée du Fonds Monétaire International, la France a tout fait pour que Christine Lagarde, à l'époque ministre de l'économie, soit nommée à la tête du FMI.

Pourtant -on l'a d'ailleurs raconté sur ce blog à l'époque- Christine Lagarde était déjà menacée. Jean-Louis Nadal, procureur général auprès de la Cour de Cassation, avait recommandé des investigations sur un point particulièrement délicat: Bernard Tapie, après ses aventures économico-politiques avec le Crédit Lyonnais, avait reçu, suite à un arbitrage privé conclu avant la fin d'un procès par ailleurs engagé, 260 millions d'euros de la part de l'Etat.

Chaque citoyen français, contraint et forcé, avait donc versé quelques euros à Bernard Tapie. Quand on pense que certains se plaignent des mendiants aux feux rouges! Car, bien entendu, ce sont des fonds publics qui gèrent les dettes réelles ou supposées du Crédit Lyonnais. Ce cadeau du contribuable français n'était pas passé totalement inaperçu. François Bayrou et certains élus socialistes (entre autres) se scandalisaient. A partir du moment où une personnalité comme Jean-Louis Nadal s'interrogeait sur cet étrange arbitrage privé, était-il raisonnable de défendre becs et ongles la candidature de Christine Lagarde? Surtout dans un contexte où l'image de la France avait déjà été quelque peu écornée par les aventures de DSK...

L'inévitable vient donc de se produire. Une singulière épée de Damoclès a été placée au dessus de la tête de Lagarde: la commission des requêtes de la Cour de Justice de la République vise désormais "l'abus d'autorité", la "complicité de faux" et la "complicité de détournement de biens publics". Certes, rien n'est prouvé. Certes, les débats dans la commission (lundi dernier) auraient été houleux. Il n'empêche: dans les plus hautes sphères de la justice, on s'interroge, pour parler crûment, sur un énorme cadeau en faveur d'un Bernard Tapie devenu sarkozyste lors de la dernière élection présidentielle.

Christine Lagarde explique qu'elle est totalement innocente et qu'elle "n'a pas une tête", dit-elle, à être l'amie de Bernard Tapie. On ignore aussi avec quelle rapidité la justice va enquêter. Christine Lagarde va-t-elle pouvoir continuer à faire comme s'il ne s'était rien passé? "Sa crédibilité et son incorruptibilité sont remises en cause" estime déjà aujourd'hui une partie de la presse allemande. On espère ne pas avoir à conclure, dans quelque temps, que la France se choisit vraiment des représentants internationaux pittoresques...

Didier Specq

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