22/09/2012

Roumanie et proxénétisme (bis)

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5 proxénètes primo-délinquants se retrouvent en prison. Pourquoi?

On a raconté récemment sur ce blog comme un citoyen français à la dérive avait finalement été condamné à une peine de principe (un petit sursis simple) après avoir partagé la vie d'une jeune femme roumaine qui se prostituait et qu'il avait, en quelque sorte, recueillie. Au départ, le Lillois l'avait connue comme client. Au final, ils vivent maritalement.

A priori, l'affaire jugée vendredi n'était pas très grave non plus. Cette fois, les six hommes sont des ressortissants roumains. Ce sont leurs compagnes qui se prostituent. Personne dans cette histoire ne roulent sur l'or: tous vivent dans un misérable campement de tentes et de huttes en bordure du périphérique lillois. Pas très loin d'ailleurs du Palais de Justice de Lille.

Comme souvent à Lille, les prostituées dont il est question ici officient avenue du Peuple Belge c'est à dire à l'ombre de la tour du tribunal et du clocher de l'église Sainte Marie-Madeleine qui était, disent les évangélistes, une femme de petite vertu.

L'enquête dure depuis quelques semaines, la police a pris des photos et effectué des surveillances, aucune des femmes ne dépose plainte, les six présumés proxénètes nient tous.

Les trois avocats qui défendent ces six prévenus en comparution immédiate sont un peu coincés: s'ils demandent le report du procès, afin de peaufiner leur défense, leur client risque de se retrouver en détention provisoire car la procureure (bien sûr) et les juges (très certainement) vont penser que les mis en cause prendront la poudre d'escampette.

Prévenus et avocats demandent donc un examen immédiat de l'affaire. On juge donc sur le champ, sans recul, sans témoignage ou document nouveaux éventuellement à décharge, avec un dossier bien sûr très à charge puisque constitué presque uniquement de pièces de la police. Avec, en sus, une certaine tension dans la salle qui est occupée presque entièrement par les proches des prévenus.

Visiblement, les prévenus n'ont pas encore bien compris la sévérité de la loi française sur le proxénétisme: tout partage des revenus de la prostitution, toute aide, toute protection...

Les prévenus ne peuvent s'empêcher de déclarer qu'ils vont repartir en Roumanie très vite, qu'ils sont venus en France pour toucher l'aide au retour, qu'ils veulent officiellement travailler mais qu'ils n'ont pas effectué la moindre démarche. Comme par ailleurs, ils nient mordicus ce qui apparaît comme l'évidence, l'impression n'est sans doute pas très bonne pour les magistrats.

La procureure Mathilde Defretin ne mâche pas ses mots et requiert trois années de prison ferme pour tout le monde. Une peine qui apparaît hors de proportion pour de tous petits proxénètes primo-délinquants. On ne peut sans doute même pas les qualifier de "julôts casse croûte" car, visiblement, ils ne doivent pas manger tous les jours à leur faim.

En défense, levée de boucliers contre les réquisitions du parquet. Chacun des avocats insiste sur les conditions de survie misérable des prévenus. Il n'empêche que -à part pour un des deux clients de Me Mathilde François qui est relaxé- les prévenus sont tous condamnés à des peines de quatre à cinq mois de prison ferme.

Une fois de plus, on peut prétendre qu'un citoyen français dans les mêmes conditions n'aurait pas eu de prison ferme s'il était, comme ces Roumains, primo-délinquant. Toutefois, c'est toute la problématique des étrangers dont le dossier est jugé: les juges peuvent avoir l'impression que la peine quand elle n'est pas ferme (un sursis avec mise à l'épreuve par exemple) ne sera jamais appliquée dans le cas de prévenus aussi "volatiles" géographiquement parlant.

Didier Specq

Commentaires

Les clients de ces prostituées au bout du rouleau echapperont bien sûr à toute question. C'est un vrai spectacle que de les voir rôder à la brune dans leurs berlines de luxe qui roulent lentement sur les latérales av du peuple belge.
Au plus bas de l'avenue, près de la Porte d'eau ( odeur pestilentielle) la ville laisse tomber l'entretien des trottoirs - défoncés - ; l'éclairage " à la Caravage" laisse quantité d'obscurs recoins ou l'on peut "faire affaire" discrètement et en faisant jouer la concurrence. Plus loin, sous le Pont Neuf idem et encore plus loing, les neons du Lille festif.

Enfin, la rue Ramadier dans le secteur W Churchill permet aux amateurs de chair humaine de refaire le tour de l'offre en toute securité. Quelquefois à minuit, il y a des embouteillages....

Écrit par : Odeladeule | 25/09/2012

s'il n'y avait pas cette "chair humaine" et leur mac, il n'y aurait pas de clients ! Même avec une capotte,faut avoir envie.

Écrit par : prost titué | 01/10/2012

La vie... tout ça pour vivre?

Écrit par : belle russe | 04/10/2012

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